Il y a quelques jours a eu lieu ma deuxième participation à une dégustation. De la première je n’en ai pas soufflé mot; normal car ce fut au tout début du lancement de l’Opération BurdiGalice (Octobre 2008); 4 grands vins rouges de Marqués de Riscal. J’en étais sorti silencieux et abattu, prêt à renoncer à cette aventure vu mon niveau d’incompétence en la matière. C’est simple, mon objectif de la session avait été d’essayer de remarquer une différence entre les 4 vins et j’y étais à peine arrivé.
La conviction de pouvoir innover d’un point de vue commercial et distributif et la décision déjà prise de déléguer dans les cavistes le choix des crus à importer m’ont à cette époque permis de ne pas baisser les bras.
La deuxième dégustation d’il y a quelques jours fut complètement différente: d’abord parce que des heures et des heures de lectures m’ont donné une culture générale acceptable sur le vin: je suis passé de croire que le rosé était le fruit d’un mélange de cépages rouges et blancs… à arriver à suivre la plupart du discours technique sur l’élevage des vins qui précédent la dégustation. Hors de question de prendre part aux débats mais pas de problème pour ouvrir la bouche (c.a.d. ma grande gueule
) lorsque la conversation dérive vers les classiques “bien ou bon“, “les goûts et les couleurs…” ou, comme ce fut le cas hier, “pourquoi tant de bois?“.
D’autre part, il semblerait que j’ai enfin commencé à réveiller mes papilles gustatives. Jusqu’à cet automne, je buvais du vin comme l’on boit un jus de fruit, une bière ou un whisky-coke: d’abord, je ne savais pas approfondir, décortiquer le produit et ses ingrédients/nuances/influences. Par conséquent je me limitais -et là je faisais bien
– à une opinion globale et générale “j’aime/j’aime pas”, opinion très souvent influencée par le contexte tel que l’origine, l’étiquette, le prix ou la crédibilité de celui qui avait apporté/proposé la bouteille.
L’autre jour, j’ai eu l’illusion de ressentir certaines choses. Ça me fait plaisir car, présentant par avance mes excuses à Rabelais, jusqu’à présent je me languissait dans un “Science sans jouissance n’est que peine de l’âme”.
Passons aux faits: je ne mets pas les noms des vins que j’ai goûtés car ce serait injuste pour leurs producteurs. Je me limiterai donc à mettre les caractéristiques. D’autre part, ces notes de dégustations sont franchement nulles, mais sont ici comme “notes témoins”; pour être relues dans quelques années et en rire. Et pour si un jour j’y comprends quelque chose, me souvenir qu’il y a eu une époque pas si lointaine à laquelle j’écrivais ce genre de choses:
- Blancs
- Un Malborough 2007 (Nouvelle Zélande) à base de Sauvignon Blanc (9,30 € HT/bout. franco de port): Génial au nez (presque vin doux) mais trop acide en bouche.
- Un Mendoza 2008 (Argentine) à base de Viognier (5,80 € HT/bout. franco de port): Moins de sensations olfactives mais plus agréable en bouche.
- Un Alsace 2007 à base de Gewurztraminer (8,50 € HT/bout. franco de port): Aussi très chouette aromatiquement (pétales de roses ndr: sensation induite par le commentaire du “maître de cérémonie”), sans aucun doute le meilleur des 3. Long en bouche et délicat.
- Rouges
- Un Bourgogne-Côtes de Nuits 2004 à base de Pinot Noir (15,70 € HT/bout. franco de port): enfin du bois!
J’y reconnais la “touche Bourgogne”. Cependant, peu agréable au nez et peu agréable en bouche. - Un Domaine d’Aupilhac Les Servières VdP Hérault 2007 à base de Cinsault (8,25 € HT/bout. franco de port) que j’ai beaucoup aimé donc il n’y a pas de mal à mettre le nom: Surprenant. Sans bois mais très agréable. Arôme fleuri, très grand public. Ndr: La plupart des dégustateurs présent l’apprécient aussi, ainsi que le propriétaire du bar-à-vins, professionnel réputé.
- Un Toscana -Chianti Classico- 2003 (Italie) à base de Sangiovese (10,75 € HT/bout. franco de port): il sent aussi le bois. Je n’aurais jamais été capable dire que ce n’est pas du Bordeaux. Le bois est un peu trop pesant.
- Un Colchagua 2007 (Chili) à base de Carmenère (7,20 € HT/bout. franco de port): Arôme très original, presque viande, non pardon
: herbes de provence. Sans bois. Original mais lourd: pas plus d’1 ou 2 verres.
- Un Bourgogne-Côtes de Nuits 2004 à base de Pinot Noir (15,70 € HT/bout. franco de port): enfin du bois!
Le bois chez les rouges et l’acidité, chez les blancs, la longueur et la densité: voilà semble-t-il mes première repères gustatifs dans les vins.
Question couleur, mon éventail se limite au rouge grenat et rouge violacé. Ou au blanc sec et blanc or. ¡Peut mieux faire!




